Yellowknife, à la rencontre du 62e parallèle nord.

À la rencontre du 62°27’N 114°24’O

La nuit tombait et nous survolions les terres enneigées du nord de l’Alberta qui disparaissaient dans la noirceur de la nuit. Les lumières, témoins de la vie, se faisaient de plus en plus rares. Nous étions en direction de Yellowknife dans les Territoires du Nord d’Ouest, l’an dernier, en mars 2017. En fin de vol, nous traversions le Grand Lac des Esclaves, un des plus grand lac du monde avec ses étendues de glace et neige à l’infini. La lueur de la ville de Yellowknife apparue en fin de vol et nous atterrissions sur le tarmac de l’aéroport. Le froid intense nous attendait à la sortie de l’avion. Il devait faire -45 degrés celcius. C’était le début de la rencontre du 62e parallèle nord.

Aéroport de Yellowknife. Crédit photos : Vert Voyage

Yellowknife « Somba K’e »

En langue flanc-de-chien, la ville de Yellowknife s’appelle « Somba K’e », ce qui signifie l’endroit où se trouve l’argent. Ce n’est ni l’or, ni le diamant qui m’a mené à Yellowknife mais plutôt l’un des plus grands projets de construction au Canada en 2017, la construction de Stanton Regional Hospital. Un projet de plus de 350 millions de dollars. Accompagnée de mon conjoint, ami et membres de la famille, nous allions participer à cet important projet dans le nord du pays. Partir travailler c’est loin d’être la dynamique de partir en voyage. Toutefois, nous avons pu découvrir Yellowknife, la capitale nord-américaine du diamant.

Stanton Regional Hospital.

À 512 km du cercle Arctique

Yellowknife est située à l’embouchure de la rivière Yellowknife, sur les rives de la côte nord du Grand Lac des Esclaves. Elle se trouve à 512 km au sud du cercle Arctique et bénéficie d’un climat subarctique, caractérisé par des hivers longs et froids et des étés courts et frais. En raison de sa latitude nordique, le soleil est visible pendant plus de 19 heures au solstice d’été, et 5 heures au solstice d’hiver. Ce qui en fait la ville canadienne comptant le plus grand nombre d’heures d’ensoleillement en été. Durant mon séjour de quelques mois, j’ai rarement vu un ciel aussi bleu. Les nuages et précipitations étaient plutôt rares et éphémères.

Yellowknife « Couteaux-jaunes »

L’origine du nom de la ville provient des couteaux de cuivre utilisés par les « Couteaux-jaunes », une population amérindienne résidant dans la région, une bande de la Première Nation Déné. Ils voyageaient au nord jusqu’à la côte arctique pour se procurer le cuivre nécessaire à la fabrication de couteaux et d’autres outils.

Yellowknife et ses richesses

Reconnue pour son or, découverte lors de la ruée vers l’or du Klondike, Yellowknife est dorénavant connue pour ses diamants. Les premières mines de diamants ont ouvert leurs portes au nord-est de la ville, vers la fin des années 90 et début 2000, mais seulement celle de Diavik, ouverte en 2003, demeure active aujourd’hui. Outre les diamants, le tourisme est un secteur qui prend de plus en plus d’importance dans l’économie de la ville. L’attrait touristique majeur est le plein air (l’observation de la faune, la pêche, le canotage, la randonnée pédestre, traîneaux à chiens, etc.), les événements culturels autochtones et bien sûre, les magnifiques aurores boréales.

Traîneaux à chien, Yellowknife.

Portrait culturel et démographique

Yellowknife est une ville ethniquement diversifiée. Plusieurs langues officielles du territoire y sont parlées (11 langues), en plus des langues des populations immigrantes. L’anglais est la langue la plus utilisée et le français n’est pas en reste car j’ai pu croiser à plusieurs reprises des francophones, il y a même une école francophone. En 2016, on comptait tout près de 20 000 habitants à Yellowknife. La population est principalement d’origine européenne, dont une majorité est d’origine britannique. Les Autochtones constituent environ 25% de la population.

Les aurores boréales

Avez-vous déjà eu l’occasion de voir des aurores boréales? Celles qui peuvent être observées à Yellowknife sont tout à fait extraordinaires et c’est pourquoi des milliers de touristes se déplacent chaque année pour immortaliser ce spectacle. J’ai eu la chance de pouvoir en observer et ce fut l’un des spectacles les plus mémorables de toute ma vie. J’aurais bien aimé avoir des yeux tout le tour de la tête pour ne rien manquer. Si vous en doutez encore aujourd’hui, je vous garanti que ça vaut le coup de mettre ça dans votre « bucket list ».

Aurores boréales. Crédit photo : Shin Okamoto.

Mais quel est exactement ce phénomène et pourquoi les aurores sont aussi magnifiques à Yellowknife?

« Les aurores boréales sont un phénomène lumineux qui se produit dans le ciel et se forment lorsque des particules chargées entrent en collision avec les gaz qui se trouvent dans la haute atmosphère terrestre. Ces collisions génèrent de minuscules éclats lumineux qui emplissent le ciel de lumière colorée. Ainsi, des milliards de petits éclats lumineux apparaissent en séquence, ce qui donne l’impression que l’aurore se déplace ou « danse » dans le ciel ».

Grâce à l’emplacement géographique de Yellowknife, directement sous l’ovale auroral, on y voit des aurores plus de 200 nuits par année. De plus, contrairement au sud du Québec où l’on peut observer les aurores occasionnellement et seulement au nord, à Yellowknife, les aurores sont visibles par moment, dans le ciel tout entier. La voûte céleste s’anime au plaisir des plus grands photographes et des néophytes observateurs, tout comme moi.  Vous pouvez voir les aurores boréales en temps réel et recevoir des alertes sur le site Internet de l’Agence spatiale canadienne, Auroramax. Voici le lien : Auroramax

Être à Yellownife et voir ce magnifique spectacle sous mes yeux et ne pas pouvoir immortaliser ce moment, c’était très frustrant. Ça vaut le coup de bien s’informer avant son départ et d’apporter son appareil photo reflex si vous en avez un bien sûre. Chose que je n’ai malheureusement pas fait et j’ignore encore pourquoi aujourd’hui. Alors, vous aurez besoin d’un bon appareil photo reflex, un trépied, une télécommande et surtout, n’oubliez pas de bien recharger vos batteries. Si vous pensiez utiliser votre téléphone cellulaire pour prendre les aurores en photo, oubliez le projet, c’est impossible de le faire. Même chose pour la fonction vidéo. Toutefois, il est maintenant possible de filmer une aurore boréale avec une GoPro Hero 4 ou 5, en utilisant le mode « Nightlapse ».

Plusieurs entreprises offrent des tours guidés pour faire l’observation des aurores boréales. À titre d’exemple, Aurora Village offre de belles opportunités tel que de profiter des installations du populaire village « Aurora Village ». Vous pouvez aussi tout simplement vous rendre dans le « Old Town » et accéder au Bush Pilots Monument pour avoir une vue imprenable sur Yellowknife et les aurores.

Aurores boréales à Aurora Village, Yellowknife.

Centre du patrimoine septentrional Prince-de Galles (CPSPG)

Un beau matin de congé, je longeais la piste cyclable du Frame Lake pour finalement aboutir au Centre du patrimoine septentrional Prince-de Galles. Après avoir traversé ce long passage décoré de drapeaux des nations représentées au musée, j’entrais dans un magnifique bâtiment où toute la culture des Territoires du Nord d’Ouest est mise en valeur. Plus de 215 000 objets des Territoires du Nord d’Ouest (TNO) et du Nunavut composent les collections du musée, 350 000 photos, cartes et livres rares constituent le fond d’archives des TNO et plus de 60 000 photos d’archives sont à la disposition du public sur le site Web du musée. Le CPSPG contribue à préserver cette mémoire pour toutes les collectivités des TNO et du Nunavut et les trésors qu’on y retrouvent, sont des plus précieux pour les spécialistes, les enseignants, les élèves, les passionnés d’histoire et les chercheurs. Alors, si vous vous intéressez à l’histoire de ces nations, vous y trouverez votre compte en faisant la visite du musée qui soit dit en passant, est tout à fait exceptionnel. L’entrée est gratuite et des dons volontaires sont grandement appréciés. Centre patrimonial septentrional Prince-de-Galles

Sentiers et drapeaux (CPSPG), Yellowknife. Crédit photo : Vert Voyage.

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Old Town (la vieille ville)

Yellowknife est divisée en deux parties, la vieille ville (Old Town) située sur l’île Latham et la nouvelle ville où vous pourrez y voir quelques « buildings » et une ville plus moderne. Dans le Old Town, vous pourrez y voir des traces laissées par les premiers habitants de la ville et c’est à cet endroit où l’on retrouve la plus grande concentration d’entreprises à vocation touristique. Sur le rocher de la vieille ville « The Rock », on peut y voir un œuvre réalisé par des Autochtones et francophones pour célébrer la diversité (des traces de mains y sont peinturées en guise de diversité, accompagné du grand corbeau, animal représentatif et mythique de la place). Si l’occasion se présente, tentez de trouver la route Ragged Ass Road, que le musicien canadien Tom Cochrane a popularisé par un album du même nom.

The Rock, Yellowknife. Crédit photo : Vert Voyage.

Bush Pilots Monument

Situé tout en haut du rocher « The Rock », ce site est dédié aux pilotes qui ont pavés la voie dans le nord dans les années 20-30, il domine la vieille ville et l’île Latham. Ce site entouré d’histoire, était un point de repère à l’époque. Une stèle de béton au sommet, rappelle que les pilotes de brousse ont longtemps constitué le seul lien entre la ville et le reste du pays. À cet endroit, vous aurez une vue imprenable sur Yellowknife et les alentours.

Bush Pilots Monument, Yellowknife. Crédit photo : Vert Voyage.

Bullocks Bistro

Si vous avez envie de déguster des poissons savoureux du Grand Lac des Esclaves, vous devez vous rendre au Bullocks Bistro. Ce bistro patrimonial est rempli de charme avec ses collants et messages écrits à la main sur les murs et sa décoration plutôt éclectique. La spécialité du Bullocks Bistro est le « fish and chips », les fruits de mer et mets canadien. Vous pourrez goûter entre autre, à la corégone, truite ou doré jaune, tout ceci accompagné d’une bonne bière du nord.

Bullocks Bistro, Yellowknife.
Assiettes du Bullocks Bistro, Yellowknife.

The Wildcat Cafe

Construit en 1937-1938 par les pionniers William Wiley et Smokey Stout, ce bâtiment en rondins de bois, a été désigné comme lieu historique en 1992. Il s’agit de l’une des plus anciennes constructions de la ville. Autrefois, il servait de lieu de rencontre pour les prospecteurs, les mineurs, les pilotes et résidents. Depuis quelques années, The Wildcat Café est ouvert seulement l’été. J’ai eu la chance de pouvoir goûter à leur délicieux stew de bison, en mai ou juin dernier, assise sur la terrasse, en me faisant chauffer la couenne au soleil tout en regardant la neige fondre. À ma grande déception, j’ai su que ce restaurant fermait ses portes définitivement. J’ignore si ce bâtiment sera reprit par d’autres gens pour perpétuer la tradition de lieu de rencontre dans le Old Town. Cependant, si vous avez apprécié le menu offert au Wildcat Café, vous aimerez sans doute le nouveau restaurant Thornton’s qui ouvre en ville, sur la 51st. Ce sont les mêmes propriétaires.

Wildcat Café, Yellowknife.

NWT Brewing Company

La NWT Brewing Company est la micro-brasserie la plus au nord du Canada. Située dans le Old Town, ils offrent 5 bières différentes : KickSled Cream Ale, Ragged Pine Pale Ale, Honey Bucket Nut Brown, Bug Repellent IPA (la plus forte des bières et son nom l’évoque). Si vous avez envie d’une bonne bière, allez faire un tour à cette micro-brasserie. Son ambiance est très chaleureuse et son menu bistro est délicieux. Ils font même de très bons déjeuners. Sur place, une boutique souvenir à l’effigie de la NWT Brewing Company vous offre : de magnifiques casquettes, t-shirts, sous-verres, autocollants. etc. Vous pouvez même acheter un gallon de bière réutilisable pour un futur remplissage.

NWT Brewing Company. Crédit photo : Vert Voyage.

Old Town Glassworks

La Verrerie de la vieille ville « Old Town Glassworks » est une coopérative d’artisans qui recycle des bouteilles de vitre trouvées sur les rivages du Grand Lac des Esclaves pour en faire des œuvres d’art. Depuis 1994, ils s’inspirent de l’art nordique pour créer des pièces uniques. Chaque pièce est coupée, polie, gravée à la main et travaillé au jet de sable. Il est possible de créer votre propre œuvre d’art, que vous pourrez apporter chez vous en guise de souvenir ou pour offrir en cadeau. À la boutique cadeau, vous y trouverez des lampes, des tasses, des verres, des aimants, des pompes à savon et plus encore.

Just furs

Vous souhaitez encourager l’économie locale et acheter un objet utile fabriqué à la main par des artisans du coin. Situé dans le quartier historique Old Town, Just Fur vous offrira une belle gamme de produits fabriqués en fourrure de lapin, renard et phoque (chapeaux d’aviateur, foulards, mitaines de phoque, etc.). Les produits offerts sont d’une grande qualité et sont authentiques. Attention à la contrefaçon vendue dans certains commerces de la ville. Optez plutôt pour Just Fur qui est un gage de qualité et d’authenticité. Sur place, des bijoux de qualité sont également offerts et créés par des artisans du coin.

Les maisons flottantes

Maisons flottantes, Yellowknife.

Qui n’a pas rêvé de vivre sur l’eau toute l’année? Faut dire que vivre dans une maison flottante à Yellowknife demande une grande adaptation aux conditions hivernales et un changement dans son style de vie. Pourtant, plusieurs vivent dans ces maisons flottantes à l’année et ce, depuis plus de trente ans. Cette communauté composée d’une cinquantaine de maisons flottantes colorées, est la plus au nord du pays. Ils vivent sans électricité, ni eau courante. L’Auberge Flottante (B&B) offre la possibilité de vivre cette expérience. Vous aurez une superbe vue sur la communauté flottante et vous serez aux premières loges pour les spectacles nocturnes des aurores boréales.

Maison flottante, Yellowknife. Crédit photo : Vert Voyage

La Route de glace

Vous aimeriez vivre une expérience similaire aux conducteurs de l’émission de télé Ice Road Truckers? C’est possible de le faire en empruntant la Route de glace sur le Grand Lac des Esclaves. La neige se fait plutôt rare sur le lac, ce qui est une bonne chose mais le froid est permanent et intense. Informez-vous avant votre départ des conditions en communiquant avec le ministère des Transports des Territoires du Nord d’Ouest.

Route de glace, Yellowknife.

Conclusion

Mon séjour de quelques mois à Yellowknife m’a permit de découvrir une communauté très diversifiée où la culture occupe une grande place. En toute saison, les activités de plein air sont au rendez-vous. Si vous souhaitez découvrir le nord Canadien, Yellowknife est certainement l’une des meilleures destinations, particulièrement pour y observer les aurores boréales. Toutefois, si vous y allez en plein hiver, attachez votre tuque car il fait « frette » en « tabarouette » au 62e parallèle.

Liens utilisés et utiles :

Wikipedia/Yellowknife

Encyclopédie Canadienne

Agence Spatiale Canadienne Auroramax

Aurora Village

Centre du patrimoine septentrional Prince-de-Galles

Ville de Yellowknife

 

6 thoughts on “Yellowknife, à la rencontre du 62e parallèle nord.”

  1. J’ai appris beaucoup sur Yellowknife, merci beaucoup pour cet article très intéressant !

    1. Merci Claire! Heureuse encore une fois, de savoir que tu as apprécié et que j’ai pu t’apprendre quelques trucs, toi qui voyage beaucoup 😉

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